Genève célèbre aujourd’hui un événement important de son histoire. Le 1er juin 1814, un contingent d’environ 300 soldats fribourgeois et soleurois débarquait au Port-Noir dans le cadre du tumulte provoqué par la fin de l’Empire napoléonien. Annexé dès 1798, notre canton devint français jusqu’au 31 décembre 1813 qui marque la Restauration genevoise. Afin de répondre à la République de Genève qui manifestait son souhait de devenir suisse, les Confédérés envoyèrent un détachement afin de montrer leur présence en terres genevoises, tandis que le futur découpage de l’Europe restait incertain. Les soldats prirent le lac pour gagner notre canton afin d’éviter la Route suisse, le long de laquelle on trouvait encore quelques détachements français.
Il fallait du courage pour lancer une telle opération, car nul ne savait ce qu’il adviendrait de Genève dans le cadre des négociations marquant la fin des guerres menées par l’Empereur. Le patriotisme l’a emporté, la Diète et Genève tenaient à unir leurs destins. Le 12 septembre suivant, c’était chose faite, les Confédérés admettaient Genève en tant que 22e canton. Cet épisode marque bien la particularité de notre pays, basé non pas sur un territoire, une ethnie ou une langue définis, mais bien sur la volonté de ses habitants de s’unir afin de partager un destin commun. Les Suisses alémaniques évoquent une « Willensnation », une nation de volonté.
Aujourd’hui, cette volonté est menacée. D’aucuns voudraient confier notre avenir à d’autres. Beaucoup souhaitent que l’Union européenne l’emporte sur la démocratie directe, cette liberté presque unique au monde que les peuples nous envient. Nous ne serions plus aptes à définir la manière dont nous entendons conduire notre pays ; il faudrait gagner un ensemble plus grand, renoncer non seulement à la démocratie directe qu’on confierait à la Commission européenne, mais aussi à la neutralité, héritage qui nous permet d’accueillir bon nombre d’organisations internationales, dont la Croix-Rouge. Il vaut ici la peine de dire quelques mots au sujet de l’un de ses fondateurs, le général Guillaume-Henri Dufour. Dès les années 1830, la Suisse connaît divers troubles liés notamment à la question religieuse. En 1847 éclate la Guerre du Sonderbund, opposant cantons catholiques et réformés.
La Diète appelle Guillaume-Henri Dufour à la tête des troupes fédérales avec le grade de général. Officier expérimenté, l’homme sait que le destin de la Suisse dépend de la manière dont il parviendra à réduire la sédition. Il fait merveille, limitant les pertes, traitant ses adversaires avec humanité et respect, et parvient à rétablir la paix entre ces Confédérés qui ne s’aimaient pas.
Bien des années sont passées, mais on voit que nous sommes parvenus à traverser les pires dangers en comptant sur nos propres forces. Nous avons su imiter l’oiseau qui compte non pas sur la branche, mais bien sur ses ailes. Le destin de la Suisse appartient à sa population.
Nul autre que nous ne doit décider de nos affaires. À commencer par la gestion de l’immigration, dont l’augmentation cause de nombreux problèmes, menaçant notre qualité de vie, nos paysages et la nature.
Le 14 juin prochain, soyons dignes de ceux qui nous ont valu d’être citoyens suisses et disons oui à l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! »
Pour plus d’informations :
Lionel Dugerdil, Président UDC Genève, 079 642 56 32


