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                                                                                                                                                 Décembre 2020

Rétrospective Grand Conseil (budget)

 

Un budget irresponsable !

Sans la moindre surprise, les partis « gouvernementaux » ont accepté le budget 2021 du canton de Genève. Sous prétexte de la situation exceptionnelle liée au Covid, c’est en réalité un budget structurellement déficitaire qui est une nouvelle fois adopté. Un budget irresponsable que l’UDC refuse au nom des générations futures.

 

Vous avez été nombreux à nous demander de retranscrire l’excellente intervention de notre député Eric Leyvraz relative à l’entrée en matière sur le budget 2021. La voici :

« Chers collègues,

En introduction, l’UDC n’a pas proposé de rapport de minorité, car comme seul commissaire de mon parti et président de la Commission des finances, il aurait été peu élégant d’en présenter un.

En septembre, l’UDC avait accepté l’entrée en matière de ce budget déficitaire de 501 millions pour pouvoir discuter et proposer son point de vue en Commission des finances. Elle a de suite manifesté sa mauvaise humeur face au manque de réalisme du Conseil d’Etat, qui savait très bien que les projets de loi déjà inscrits dans les économies budgétaires ne seraient pas acceptés ou si problématiques qu’ils ne pourraient être votés en 2021. Le chiffre à annoncer devait être proche des 700 millions. Le Conseil d’Etat a la loi pour lui, mais ce n’est pas de cette manière que l’on traite de façon honnête la population et que l’on rétablira la confiance entre le législatif et l’exécutif. Il fallait en plus bien peu de psychologie pour proposer 1% de baisse des salaires des fonctionnaires. Maintenant, nous en sommes à un déficit de 840 millions, chiffre qui va s’envoler avec toutes les dépenses Covid que nous aurons encore hélas à voter. Ces chiffres déficitaires colossaux font frémir.

 Avec une perte dans les comptes 2020 déjà estimée à plus de 750 millions, l’Etat de Genève est face à une situation très préoccupante. Il ne peut plus tirer sur la corde de l’impôt, sa pression fiscale est au maximum, la dette s’envole, avec les 5,2 milliards dus à la caisse de pension, une véritable dette qu’il inscrit cependant en pied de bilan, ce qui est totalement contraire aux normes comptables, on arrive tranquillement à 18-19 milliards. Joli, large record de suisse pour une population de 500'000 habitants ! Ici c’est Genève, comme dirait un collègue…

 La population ne comprend pas la gravité de la situation et que si un citoyen déménage, il n’emporte pas avec lui une partie de la dette ! L’Etat vit au-dessus de ses moyens, une dette finit toujours par se payer, si ce n’était pas le cas, cela se saurait depuis longtemps et les Etat feraient marcher sans cesse la planche à billets… Et croire que les banques pourront toujours prêter à l’Etat est une vue de l’esprit ; elles ont aussi des limites à ne pas dépasser. Le Conseil d’Etat va tout faire pour repousser le frein au déficit qui doit s’appliquer à partir de 13,3 milliards de dette. L’UDC luttera avec force pour refuser ce subterfuge.

 Notre canton arrive à la fin des possibilités de dépenses sans compter. La baisse des entrées fiscales va être plus sévère que l’annonce de septembre, les faillites vont se multiplier dans l’hôtellerie et la restauration, l’événementiel est en débâcle.

Malgré cette situation catastrophique, les partis gouvernementaux se lient pour accepter ce budget avec 353 ETP supplémentaires. Et la droite au pouvoir depuis longtemps, sur le papier en tout cas, porte une lourde responsabilité dans cette quasi faillite financière.

 Difficile de reprocher à l’UDC cette situation. Depuis sa présence au Grand Conseil en 2001, elle n’a cessé de dénoncer cette fuite en avant, de refuser des budgets toujours plus importants pour nourrir un Etat beaucoup trop gros, enflant chaque année de façon disproportionnée, 3500 fonctionnaires de plus en 10 ans, soit +20%, alors que la population n’a augmenté que de 10%...

 Sans mesures drastiques et douloureuses, nous finirons avec une crise aux conséquences dramatiques.

 Pour couper cette spirale infernale d’un Etat toujours plus obèse, prêt à emprunter pour faire tourner la machine, le début de la fin, le Conseil d’Etat devrait montrer un courage exceptionnel, qu’il n’a pas.

 Le courage serait de demander l’abolition du statut de fonctionnaire, les cantons suisses-allemands, nombreux à l’avoir adoptée, s’en montrent très satisfaits. Souplesse, facilité de se séparer des mauvais éléments, motivation accrue pour ceux qui accomplissent consciencieusement leur tâche.

 Le courage serait de réduire la voilure de l’Etat. Prenons l’Etat et les communes, car la répartition des tâches est différente selon les cantons, la fonction publique zurichoise coûte 35% de moins par tête d’habitant qu’à Genève. Une réorganisation profonde s’impose et le Conseil d’Etat doit privilégier les tâches régaliennes : éducation, santé, sécurité. Chaque subvention doit être remise en question, étudiée dans les détails. Comme le fait le Conseil national, et supprimée si elle n’est pas absolument nécessaire. Avec les dizaines de millions que nous dépensons pour l’informatique, les programmes pour rendre l’administration numérique et performante, on continue à augmenter les emplois ! Avec toutes ces avancées technologiques, il est faux de dire qu’une population plus nombreuse induit automatiquement plus d’emplois étatiques. Pourquoi ce qui est possible dans d’autres cantons devient impensable pour Genève ? Les administrations doivent être transversales, organiser des échanges d’un service à l’autre en cas de nécessité, diminuer l’absentéisme qui se transforme en droit quand une simple dispute avec son supérieur entraîne un congé maladie. Que de potentiels d’économie de personnel !

 Il n’est pas sain que le parlement comporte un tiers de députés rattachés à la fonction publique, toute demande d’amélioration de fonctionnement rencontre peu d’espoir de succès. Une réflexion profonde s’impose face à ce problème. Rappelons qu’avant 1998, un fonctionnaire ne pouvait pas siéger au Grand Conseil. On ne peut à la foi être juge et partie !

Pitoyable et irrationnel canton. D’un côté chantre du modernisme et du numérique, de l’autre vivant encore au temps des diligences avec 45 communes pour une si petite communauté. Grand donneur de leçon au monde, mais incapable de régler un problème lancinant et coûteux, celui d’avoir pratiquement deux administrations, la Ville et le canton. C’est une crise financière sans issue qui s’annonce et nous risquons de finir comme en 1934 sous la tutelle de la Confédération. Nous pouvons alors changer la devise de la République : Post tenebras, patatras.

 Vous l’aurez compris, ce budget est ficelé par les partis gouvernementaux, sans possibilité, inutile de faire des heures de débat. L’UDC n’est pas satisfaite et refusera et l’entrée en matière, sans espoir, et le vote final.»

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Malheureusement, le projet de loi 12804 pour autoriser l’ouverture de certains commerces et services en cas d’état de nécessité déclaré ou de pandémie a été refusé par la gauche et le PDC. Il faisait suite à la fermeture disproportionnée et inefficace des commerces surnommées « non essentiels » décidée par le Conseil d’Etat et demandait que ces secteurs économiques puissent continuer à fonctionner tout en respectant les mesures de précautions requises.

La lutte contre le fléau que constitue le COVID-19 est une priorité. Pour l’UDC, le canton de Genève doit toutefois cibler sa lutte contre le virus sans pour autant arrêter des pans entiers de son économie, ni ordonner la fermeture de petits commerces dont le rôle dans la diffusion de l’épidémie n’est pas avéré. Genève a stoppé toute une partie de son économie, à la différence des cantons de Vaud ou de Fribourg, sans que l’épidémie ne progresse davantage dans ces cantons.

Pour assurer la survie de nombreuses entreprises, un amendement au projet de loi demandait d’étendre provisoirement les heures d’ouverture des magasins jusqu’à 20 heures toute la semaine. L’extension des horaires, également refusée par la gauche et le PDC, aurait permis à ces commerces contraints à la fermeture pendant un mois de se rattraper quelque peu lors de la période économiquement cruciale précédant les fêtes de fin d’année, soit la meilleure des aides !

Le vote nominal ayant été demandé, les commerçants et les restaurateurs pourront vérifier qui les soutient réellement.

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Prochaine session du Grand Conseil : 28-29 janvier 2021.

Vous souhaite une excellente année 2021.