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Tronçonneuses et pelleteuses, de l’arbre au béton

Avec la libre-circulation, des pans entiers de notre patrimoine naturel qui ont disparu pour construire des immeubles. On a sacrifié la nature sur l’autel de l’immigration incontrôlée.

La libre-circulation a permis à plus d’un million de personnes de venir s’installer en Suisse au cours de ces dix dernières années, ce qui n’a pas manqué de provoquer un problème de places. Il a notamment fallu construire les logements nécessaires à l’accueil des nouveaux venus, ceci au détriment de notre environnement, nos campagnes, nos vignobles. Comme la surface n’est pas extensible, la nature a été sacrifiée sur l’autel de l’immigration incontrôlée. Ici, à Genève, ce sont des milliers d’arbres qui ont été abattus pour faire place aux nouveaux bâtiments. Les espaces verts se sont réduits comme peau de chagrin, grignotés par le béton triomphant. Il fallait bien ça pour répondre à la demande qui ne cesse, hélas, de croître. La question qui se pose aujourd’hui, c’est de savoir combien d’hectares de verdure seront encore dévastés pour satisfaire la folie d’une Suisse à dix millions d’habitants. Beaucoup trop sans doute, et avec eux la vie sauvage qui les accompagne.

Le problème n’a pas échappé à la ville de Genève qui a fait savoir il y a peu qu’elle entendait non seulement maintenir mais développer le patrimoine arboré, ceci en vue de lutter contre le réchauffement climatique. Noble et belle idée qui se heurte toutefois au problème pratique dont il est question ici, à savoir à quel endroit planter cette verdure nouvelle. Les écologistes ont la solution, il suffit de “dégoudronner” l’espace urbain en supprimant notamment les places de stationnement. En pratique, on sacrifie ainsi les espaces verts au profit de la construction et on les remplace par des arbres plantés là où il était possible de garer une voiture. Cette compétition entre l’homme et la nature démontre clairement qu’on ne saurait augmenter la densité du premier sans nuire à la seconde. Il s’agit simplement d’une question de priorité ; augmenter sans cesse la population au détriment de nos espaces naturels ou au contraire privilégier ces derniers en réduisant la pression dont ils font l’objet.

C’est la seconde option qui doit être retenue. Peut-on réellement imaginer que quelques arbres plantés le long des rues vont pouvoir remplacer un espace vert ? La nature, c’est la liberté des espèces, pas leur organisation au gré de la volonté humaine. Avec la libre-circulation, ce sont des pans entiers de notre patrimoine naturel qui disparaissent. Il est plus que temps de freiner cette évolution catastrophique au risque de n’avoir plus que des pigeons dans le ciel. On peut certes installer des ruches sur les toits mais qu’y feraient les abeilles dès lors qu’elles n’auront plus que quelques géraniums pour se nourrir ? Le 27 septembre prochain, en soutenant l’Initiative de limitation, nous aurons l’occasion de sauver ce qui reste de notre environnement. Souvenons-nous que là où le béton passe, l’herbe ne repousse pas. Accepter notre initiative, c’est placer la qualité de vie avant la démographie. C’est la nature plutôt que la démesure.

Michael Andersen, membre du Comité directeur