Genève le © Georges Cabrera

Quand le coronavirus s’invite en politique

Dans son édition du jour, Le Matin dimanche se fait du souci pour l’UDC. C’est rare. Trop rare même pour être sincère. Un peu comme le maroquinier qui s’inquiète pour les crocodiles. En fait, nous sommes en pleine «Schadenfreude», cette expression signifiant que l’on se réjouit de l’infortune d’un autre. Il est question que notre parti devrait mener campagne pour le texte visant à pouvoir choisir à qui nous ouvrons la porte le 17 mai prochain sans président. C’est un scénario possible, le coronavirus ayant bouleversé bien des projets pourtant fort bien ficelés. Il n’est pas exclu que notre assemblée des délégués, fixée au 28 mars, soit annulée, ce qui repousserait bien évidemment l’élection de la personne qui succédera à Albert Rösti. Ce dernier, démissionnaire, a choisi de ne pas conduire l’UDC tout au long de la campagne, estimant avec raison qu’on ne peut pas être et avoir été. Evidemment, le scénario n’est pas celui dont on pouvait rêver mais celui dont on doit s’accommoder. Et l’UDC est prête à le faire parce que nos statuts prévoient ce qui peut se passer en cas de vacance à la présidence. Au quotidien, le président est appuyé par le bureau de la direction du parti dont les membres sont prêts à conduire notre formation chaque fois que cela peut s’avérer nécessaire, comme c’est le cas actuellement. Ayant la chance de faire partie de ce cénacle, je suis en mesure d’affirmer que la campagne sera menée conformément à ce qui a été défini depuis un certain temps déjà.
C’est bien le sujet qui sera évoqué et non les personnes qui porteront l’initiative de limitation devant peuple et cantons. La question sera finalement assez simple même si elle touche bien des domaines.

Voulons-nous reprendre le contrôle de la migration en Suisse ou, au contraire, maintenir les portes grandes ouvertes ?

Voulons-nous privilégier la main d’œuvre locale ou, au contraire, licencier les plus de 50 ans pour les remplacer par des jeunes venus de l’Union européenne, moins coûteux ?

Voulons-nous restaurer un minimum de sécurité ou, au contraire, laisser la criminalité vagabonde œuvrer en tout quiétude ?

Les opposants au texte sont nombreux et nerveux. L’initiative UDC pourrait trouver grâce devant la population et les cantons. Parmi ce flot d’adversaires, on trouve avec surprise les syndicats dont la tâche est, du moins le pensait-on, de défendre les salariés œuvrant dans notre pays. Et bien non, les organisations de défense du monde ouvrier ne sont pas prêtes à favoriser leurs membres par rapport à la main d’œuvre venue de loin. Dont acte. Ces prochaines semaines, les travailleurs syndiqués vont donc, par leurs cotisations, acheter les munitions avec lesquelles les faitières vont leur tirer dessus.
Les pro-européens font aussi campagne contre le texte. Ils sont en pleine panique. L’acceptation de notre initiative sonnerait le glas de l’accord-cadre, ce texte qui vise à confier notre système démocratique au contrôle des instances judiciaires européennes. En pratique, nous aurions toujours l’opportunité de voter mais si le résultat déplait aux huiles de Bruxelles, celles-ci le feront corriger par voie de justice.
Pour terminer, j’aimerais revenir sur ce fameux coronavirus qui bouleverse gravement les affaires du monde. En Suisse, le Conseil fédéral a interdit les manifestations réunissant plus de 1’000 participants. Certains cantons ont drastiquement abaissé ce chiffre afin de lutter contre la propagation de la maladie. C’est fâcheux mais nécessaire au vu de la vitesse avec laquelle le virus s’étend.
Et pendant que nous tentons de nous protéger, chaque jour, des centaines de milliers de personnes franchissent nos frontières sans le moindre contrôle. La porte reste ouverte à une pandémie dont il est difficile de pronostiquer les conséquences, ceci d’autant plus que la gauche se propose d’aller chercher 10’000 requérants d’asile actuellement retenus en Grèce.

Le Conseil fédéral n’ayant jamais voulu reprendre le contrôle des frontières, dans n’importe quelles circonstances (immigration, criminalité transfrontalière, etc.), l’UDC compte sur le bon sens de la population et des cantons, le 17 mai prochain dans les urnes.