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Pierre Maudet était prêt à tout pour se faire élire en 2018

(Communiqué de presse UDC Genève 17 juin 2020) – On apprend que les validations des dossiers Papyrus ont été traitées pour le moins à la légère et que le conseiller d’Etat PLR a clairement abusé de son pouvoir. Céline Amaudruz va interpeller le Conseil fédéral.

En février dernier, les autorités genevoises saluaient l’excellent bilan de l’opération Papyrus visant à régulariser des personnes en situation irrégulière dans notre canton. Dans la mesure où l’artiste parlait de son œuvre, on pouvait imaginer que les louanges étaient quelque peu exagérées mais on était hélas loin du compte. Aujourd’hui, un journaliste de la RTS nous apprend que “plusieurs employés ayant œuvré à la régularisation de clandestins entre 2017 et 2019 ont été entendus dans le cadre d’une enquête pour fraude”. Il est question “d’effectifs faméliques, d’absence de directives et de chef, de validation de dossiers sans contrôles, pression d’organisations partenaires, ingérence du conseiller d’Etat Pierre Maudet.”

Dans ces conditions, il n’est guère étonnant que seuls 50 refus aient été prononcés contre 2390 régularisations. Les dossiers n’étaient guère vérifiés, par manque de temps et de directives, avant d’être transmis à Berne qui se contentait de valider les propositions genevoises. Comme le souligne le journaliste, “les avis positifs étaient la règle et les refus l’exception” d’où le score de réussites exceptionnel. Les personnes interrogées ont fait savoir que des requérants d’asile déboutés sont également revenus en Suisse sous un faux nom pour profiter de l’opération. “Fausse entreprise, faux documents, fausses signatures, mariage blanc, tests de français frauduleux”, rien ne manque pour faire de cette opération une vaste fraude aux permis de séjour. Bien évidemment, la justice n’a pas été mise dans la confidence, il fallait que Papyrus soit un succès.

Promoteur du projet, Pierre Maudet s’est beaucoup investi. Selon le journaliste, le Conseiller d’Etat aurait à une reprise au moins validé un dossier alors qu’il ne remplissait pas les critères. Peu avant les élections cantonales 2018, “les décisions de refus ont été suspendues sur ordre de la direction” selon les protagonistes entendus par l’autorité.

Comme l’UDC le craignait, l’appel d’air a bien eu lieu, chacun souhaitant gagner à cette loterie où presque tous les candidats touchaient le gros lot. Lorsque les requêtes étaient un peu branlantes, la bonne fée Maudet veillait et invitait ses services à se montrer indulgents, à une occasion au moins au mépris de la loi. Cette loi qu’un Conseiller d’Etat promet de respecter dès son entrée en fonction. L’homme ne s’est pas contenté de tordre lois et règlements dans le sens qui l’arrangeait, il réclamait la semaine dernière encore la reprise de l’opération Papyrus pour aider les victimes du Covid 19. Il est désormais clair que le véritable but de Papyrus était d’augmenter la popularité de son initiateur Pierre Maudet en vue des élections cantonales, ce qui allait lui assurer de nombreuses voix à gauche permettant son élection au premier tour. Force est de constater que le personnage est prêt à tout pour se maintenir au pouvoir, au besoin en prenant de grandes libertés avec la loi. Au vu de la situation, on ne peut que s’interroger quant à sa volonté de relancer Papyrus. Prépare-t-il 2023, comptant une fois encore sur la gauche ? Il n’est guère possible de répondre de manière péremptoire mais il faut désormais garder à l’esprit que Pierre Maudet, s’il n’est certes pas bon à rien, est en revanche prêt à tout.

En attendant, l’image de notre canton continue de se dégrader par la faute d’un magistrat que beaucoup imaginaient déjà élu au Conseil fédéral. Nous avons au moins échappé à cela mais nous ne sommes certainement pas au bout de nos surprises, Pierre Maudet débordant visiblement d’imagination. A ce propos, l’UDC ne manquera pas d’interpeller le Conseil d’Etat au sujet de la suite qu’il compte donner à cette opération frauduleuse qui a permis à de nombreuses personnes qui ne le méritaient pas d’obtenir un permis de séjour. Pour ma part, j’interpellerai le Conseil fédéral qui a manifestement fait preuve de légèreté dans cette affaire.

Céline Amaudruz

Présidente UDC Genève

Vice-présidente UDC Suisse

Conseillère nationale