Menace de dumping social sur la Suisse

Le président de la Cour de justice de l’Union européenne contrarie la démocratie directe en tuant la paix du travail, mettant en concurrence directe les salaires des pays de l’Est avec les nôtres.
Il a été question de protection du marché du travail, ce matin, dans La Matinale sur la RTS. Nous avons pu entendre le point de vue de Koen Lenaerts, Président de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), l’organe auquel le monde politique, UDC exceptée bien entendu, souhaite confier notre avenir. Un avenir qui ne s’annonce pas rose, également pour le monde ouvrier. Koen Lenaerts a expliqué qu'”il ne faut pas oublier que les libertés économiques dont on parle sont aussi des droits fondamentaux”. Cela signifie, en clair, que les libertés économiques autorisant le dumping salarial l’emportent sur la protection du marché du travail, soit les salaires. Un arrêt rendu par cette fameuse Cour en 2007 a donné raison à une entreprise lettonne qui travaillait sur un chantier suédois, au-dessous du salaire minimum. Selon le Président de la CJUE, l’auguste aréopage a estimé qu'”il s’agissait de donner une chance à des entreprises et à leurs travailleurs de percer dans un autre pays européen.” En pratique, cela signifie clairement tuer les entreprises locales, même sur les chantiers publics puisque la loi impose de sélectionner le mieux-disant, ce que ne seront jamais plus les entreprises suisses eu égard à nos conventions collectives. Le Président ajoute qu'”on parle toujours du dumping social, mais il y a aussi un aspect de protectionnisme social”.

Danger pour la paix du travail

Voici donc le personnage à qui les partis politiques, PLR en tête, souhaitent confier le soin de légiférer en dernière instance dans notre pays, contrariant la démocratie directe, tuant la paix du travail et mettant en concurrence directe les salaires des pays de l’Est avec les nôtres. Les promesses lénifiantes relatives aux mesures intérieures que nous pourrions prendre ne sont qu’illusions comme le montre l’arrêt évoqué plus haut, arrêt que défend encore aujourd’hui le Président de la CJUE. 

Le 20 octobre prochain, à l’occasion des élections fédérales il faudra se souvenir que seule l’UDC s’inquiète de la main d’œuvre locale en rejetant sans équivoque l’accord-cadre.