«Il faut rappeler aux juges que le souverain, c’est le peuple !»

L’UDC Genève dénonce la décision de la Chambre constitutionnelle qui vient d’annuler une disposition de la loi sur la laïcité. Du coup, députés et conseillers municipaux pourront signaler leur appartenance religieuse !

“L’Etat est laïque. Il observe une neutralité religieuse”. Voici ce que précise l’article 3, chiffre 1 de la Loi sur la laïcité de l’Etat. Pour beaucoup, cela signifie que les signes et symboles religieux n’ont pas leur place au sein des structures étatiques puisque la machine dans son ensemble est laïque et neutre du point de vue religieux. Cette vision des choses bénéficie d’une légitimité démocratique majeure puisqu’elle a été soumise aux Genevoises et Genevois qui l’ont acceptée, le 10 février dernier.

Mais cela ne convient malheureusement pas à la justice genevoise qui s’octroie la prérogative de corriger les décisions populaires. En effet, la Chambre constitutionnelle vient de supprimer l’interdiction faite aux membres des corps législatifs de signaler leur appartenance religieuse par des propos ou des signes extérieurs, comme elle le fait savoir dans un communiqué. Ce faisant, la justice préfère ainsi le juridisme étroit de quelques-uns à l’intelligence collective de notre canton. A quoi sert le citoyen qui fait usage de son bulletin de vote dès lors que le monde judiciaire se permet de retoquer sa décision ? Il est vrai que pour les juges, remettre à sa place tout un corps électoral doit être assez valorisant même si la séparation des pouvoirs est un peu mise à mal. Lorsqu’un acteur politique se permet de porter un regard critique sur une décision judiciaire, les magistrats haussent volontiers la voix mais dans l’autre sens, c’est légitime ! De tels procédés sont dangereux. Lorsque le monde judiciaire déborde et intervient sur le terrain politique, il contrarie à lui tout seul un choix démocratique. Ce n’est pas ce que notre Constitution prévoit. Il est dès lors urgent de rappeler à ces juges qui prétendent légiférer que ce rôle ne leur est absolument pas dévolu et qu’en démocratie, le souverain, c’est le peuple.

Pour davantage d’informations :

Céline Amaudruz, conseillère nationale, vice-présidente de l’UDC Suisse, présidente de l’UDC Genève, tél. 079 874 83 97

Stéphane Florey, député UDC, tél. 079 471 44 85