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Genève a déjà perdu le Salon de l’Auto : et quoi encore ?

L’économie genevoise est beaucoup plus exposée à la crise que d’autres cantons, notamment en raison du tourisme d’affaires et de la Genève internationale.

Genève a perdu son Salon de l’auto conn, dans le monde entier. Une telle manifestation signifiait concrètement, pour la région genevoise, des retombées économiques de l’ordre de 150 à 200 millions de francs, dont dix millions rien qu’en recettes fiscales. Le joyau que constituait l’hôtel Richemond, emblématique palace genevois, a licencié ses 130 employés, le groupe aérien Air France-KLM se sépare de la a grande majorité de son personnel au sol à Genève la maison Bucherez raie 229 emplois, etc. Des centaines de commerces comme les cafés-restaurants (on parle de 40% de fermetures), des PME œuvrant dans le bâtiment ou la restauration, le commerces de détail, l’artisanat, etc.,  sont en faillite ou à deux doigts de l’être. Le chômage affiche des chiffres malheureusement record dans notre canton, passant de 3,9 % en février à 5,2% au mois d’aout dernier, Et les chiffres ne comprennent pas le nombre de personnes actuellement en réduction du temps de travail (rht). Celles-ci font l’objet d’un décompte séparé en lien avec la crise du COVID-19.

En clair, Genève compte un tiers de chômeurs inscrits de plus qu’il y a un an. Fin mai, les RHT concernaient 14’700 entreprises doit 128’000 travailleurs. Cela signifie que près de 40% des travailleurs du canton sont en RHT. Du jamais vu !

Situation dramatique

Concrètement, la marche des affaires s’est dégradée dans la plupart des entreprises genevoises depuis ce printemps. Certains indicateurs se sont écroulés à l’instar du nombre de nuitées dans l’hôtellerie ou de celui des passagers à Genève Aéroport. La fermeture et le ralentissement des chantiers ont  également pénalisé le canton. Et les perspectives sont malheureusement bien sombres. Le Groupe de perspectives économiques – composé de représentants des collectivités publiques (Etat et Ville de Genève), du milieu bancaire et des principales caisses de compensation du canton  – prévoit en effet une baisse plus importante du PIB à Genève encore qu’à l’échelon suisse pour l’an prochain. L’explication ? L’économie genevoise est beaucoup plus exposée à la crise, notamment en raison du tourisme d’affaires, de la Genève internationale et du marché du négoce du pétrole.

Les Genevois sont touchés, toute la région l’est en réalité. Et il va falloir se battre pour conserver un emploi dans notre propre canton. Car ne nous leurrons pas : les entreprises en difficultés financières vont vouloir réduire leur masse salariale soit en licenciant, soit en allant chercher des gens moins chers. Ailleurs. La concurrence va s’en retrouver encore davantage exacerbée. En clair, une crise dramatique est à prévoir si nous ne disons pas Oui à l’initiative de limitation pour une immigration modérée le 27 septembre prochain!

Valérie Duby, secrétaire générale