
Aujourd’hui, nous célébrons le 550e anniversaire de la bataille de Grandson. Début 1476, Charles le Téméraire guide son armée vers le pays de Vaud récemment conquis par leurs Excellences de Berne au prix, il est vrai, de nombreuses exactions. Le Grand-Duc d’Occident passe par le Col de Jougne en vue d’avancer à l’est par le sud du Jura. Le 19 février, il met le siège devant Grandson défendue par un contingent bernois. Les assiégés tiennent bon, attendant le secours des troupes confédérées qu’ils espèrent en marche. L’arrivée prend plus de temps que prévu, les cantons n’étant guère pressés de soutenir Berne dans sa conquête du Pays de Vaud. Finalement, les derniers défenseurs, retranchés dans le puissant château, mais soumis au feu très efficace de la puissante artillerie bourguignonne, capitulent le 28 février sous promesse d’avoir la vie sauve. Charles le Téméraire ne tient pas parole et fait mettre à mort par pendaison ou noyade la totalité de la garnison, soit 412 hommes. Le fait que les Bernois aient eux-mêmes noyé les défenseurs d’Estavayer lors de la prise de la ville un an plus tôt a sans doute contribué à cette funeste décision.
Toujours est-il que les Confédérés sont ulcérés par ce geste et entendent le faire payer à celui qui l’a ordonné. Les colonnes suisses s’annoncent du côté de Vaumarcus le 2 mars aux cris de « Grandson ! Grandson ! ». Les 20’000 hommes veulent en découdre et châtier leur ennemi. Une bataille s’engage. Les carrés suisses résistent à l’assaut de la cavalerie bourguignonne et avancent. Charles réorganise son dispositif en vue de permettre à son artillerie de faucher l’infanterie confédérée. La manœuvre est mal comprise par son armée qui interprète ce mouvement comme une retraite et panique. C’est la débandade, Charles le Téméraire est vaincu, les Confédérés restent libres.
Aujourd’hui, 550 ans après sa défaite, Charles le Téméraire tient sa revanche. Le Président de la Confédération se rend à Bruxelles pour signer l’accord de soumission à l’Union européenne. La liberté conquise et conservée au prix du sang est aujourd’hui reniée par ceux qui lui doivent paix et prospérité. La Suisse est trop petite, trop étriquée, il lui faudrait un nouvel horizon, celui de l’Union européenne. Bien évidemment, les partisans de cet accord colonial contestent toute atteinte à nos droits démocratiques. Nous pourrons toujours voter. Mais si nous ne votons pas dans le sens imposé par la Commission européenne, nous subirons des représailles. Notre Code pénal consacre son article 156 à cette façon de faire sous le titre « extorsion et chantage », à savoir contraindre une personne à accomplir un acte préjudiciable à ses intérêts en usant de violence ou en la menaçant d’un dommage sérieux. Dire oui, c’est user de notre liberté pour nous en priver. Il faut le rappeler, la liberté ne se calcule pas en pour-cent, elle est entière ou n’est pas. Une liberté relativisée est une liberté défunte.
Aujourd’hui, Guy Parmelin va à Bruxelles comme on allait jadis à Canossa. Il signera l’acte de capitulation devant cette Commission européenne dirigiste et arrogante, imposant ses décisions à coups de directives dont les peuples souffrent. Alors que tant de pays voudraient s’échapper du carcan, la Suisse fait de son mieux pour y prendre place.
La liberté n’est pas encore morte, loin de là. Pour l’heure, c’est encore le peuple qui a le dernier mot. Il nous appartiendra de faire le choix entre Bruxelles et la liberté. Si nous choisissons la première, nous aurons voté librement pour la dernière fois. Aujourd’hui, il n’est plus question de combattre Charles le Téméraire, mais la Commission européenne. Nous ne brandirons pas les longues piques chères aux carrés confédérés, mais notre bulletin de vote. Le but sera pourtant identique : rester libres !
Pour plus d’informations :
Lionel Dugerdil, Président UDC Genève, 079 642 56 32


