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Budget de l’Etat: – 501 millions une facture trop salée!

(COMMUNIQUE DE PRESSE DU 17 SEPTEMBRE 2020) . En préambule, deux faits indiscutables: le canton de Genève est très riche à l’aune du pays, un des 5 ou 6 qui donnent à la péréquation fédérale. Si le niveau de notre dette bat tous les records suisses, ce n’est pas la faute des autres cantons ou de la Confédération, c’est le résultat de notre incapacité à adapter nos dépenses à des rentrées suffisamment élevées pour notre population (canton riche et fiscalité lourde). Puis, faut-il le rappeler, nous ne sommes pas un Etat souverain qui peut faire marcher la planche à billets, mesure d’ailleurs fort contestée par plusieurs économistes, pour relancer la machine.

Le déficit 2020 dépassera le milliard de francs, chiffre colossal, dont une partie seulement sera due aux mesures Covid.

Le budget 2021 présentait donc une occasion unique pour le Conseil d’Etat de repenser totalement sa manière d’aborder les innombrables aides et subventions généreusement distribuées. Il y a une chute du PIB suisse et genevois qui entraînera une baisse des rentrées fiscales en 2021 de l’ordre de 400 millions, des choix devraient être faits, dans la douleur certes, en ne conservant que les secteurs effectivement vitaux.

Avec la recapitalisation de la caisse de pension, une dette dans toute comptabilité normale, nous allons atteindre une dette inquiétante d’environ 18 milliards fin 2020, un serrage de vis est obligatoire, ce que ne fait pas le CE.

La théorie à la mode de gauche assure que la dette ce n’est pas important, il faut encore creuser le trou pour relancer l’activité. L’Histoire démontre qu’on finit toujours par payer ses dettes, d’une manière ou d’une autre, que si elles étaient sans importance cela se saurait depuis longtemps et que ce n’est pas en fabriquant à coups de centaines de milliards de la fausse monnaie légale(Euros et Dollars) qu’on enrichit un pays, mais toujours par le travail et l’innovation.

Quand on a une fonction publique qui coûte, communes comprises, 35% de plus par habitant qu’à Zurich, arrive le moment des questions fondamentales sur le rôle de l’Etat, la durabilité d’un système qui emprunte déjà pour son fonctionnement et non pas uniquement pour investir. Sans une restructuration drastique de l’Etat, on répétera l’exercice en 2022, avec la promesse d’équilibrer les comptes dans 4 ou 5 ans, comme d’habitude.

La nouvelle grille salariale SCORE, promise depuis des années, est abandonnée, que d’argent gaspillé!, on reste avec l’ancienne, obsolète; on aimerait que le CE s’attelle aux tâches urgentes d’économie possible dans une fonction publique redondante plutôt que de s’ingénier à augmenter une fiscalité qui frappe toujours les mêmes (impôts immobiliers) et qu’il ne se creuse pas les méninges pour de nouveau repousser le frein à l’endettement, aggravant ainsi la situation. La réserve conjoncturelle est un leurre comptable, pas de marge de manoeuvre, des frais supplémentaires pour la Covid (hôpital), la cigale a beaucoup chanté et l’hiver s’annonce rude.

L’UDC comprend la situation exceptionnelle, l’incertitude sur la reprise économique, raison de plus pour qu’elle n’accepte pas un budget aussi déficitaire sans de sérieuses corrections, aggravé par l’optimisme béat sur les rentrées fiscales. Il n’y aura pas de miracle: le CE attend Grouchy, ce sera Blücher….

Pour plus d’informations :

Eric Leyvraz, président de la Commission des finances, 079 / 503 72 79

Christo Ivanov, chef de groupe; 079 / 250 67 15