Vignoble vaud

Agriculture-Viticulture Suisse

Agriculture-Viticulture Suisse
Nos institutions et associations fédérales sont complètement déconnectées de
la réalité du terrain
Viticulture :
Le 29 avril dernier, l’Office fédéral de l’agriculture fait un communiqué de presse pour annoncer
fièrement que les vins suisses ont gagné des parts de marché pendant la crise du Covid. Ce
communiqué s’appuie sur des informations tronquées, fournies et relayées, notamment par nos
associations nationales. Le communiqué de presse de l’Office fédéral de l’agriculture, ainsi que les
diverses études de marché et de situations des vins suisses, fournies et éditées par des membres de
nos associations nationales vont toutes dans le même sens. Elles nient complètement les réels
problèmes de la branche, ceci dans le but de ne pas froisser les gros metteurs en marché qui sont
également les plus gros importateurs de vins étrangers.
En effet, annoncer que les vins suisses gagnent des parts de marché est trompeur et mensonger ! La
viticulture suisse est confrontée à une concurrence déloyale des vins étrangers sur son propre
territoire, due à la politique fédérale qui ne veut pas utiliser les moyens légaux et possibles afin de
limiter les importations de vins bon marché. L’addition du nombre de litres de vins produits en Suisse
avec celui des vins importés est systématiquement supérieur à celui de la consommation indigène. La
consommation des vins suisses en 1992 était de 138 mio de litres, aujourd’hui elle varie entre 85 et 95
mio de litres. Pendant ce temps, les vins étrangers sont passés de 168 mio de litres en 1992 à une
moyenne entre 155 et 160 mio de litres. Cela démontre que ce sont les vins suisses qui ont supporté
presqu’entièrement la baisse de la consommation.
On constate que la production locale ne représente qu’environ 30% de la consommation. Pourtant, à
cause des sur-importations de vins bon marché, le total de la production indigène n’arrive pas à trouver
preneur, ce qui engendre chaque année une augmentation des stocks de vins suisses. Cette situation
catastrophique pour la profession a des conséquences désastreuses et irrémédiables. L’année passée,
c’est la maison Provins qui annonçait à bon nombre de ses fournisseurs qu’elle ne prendrait
dorénavant plus en charge leur récolte. Aujourd’hui, c’est la maison Schenk qui annonce renoncer à
l’achat de la récolte de 180 hectares de vignes dans les cantons du Valais, de Vaud et de Genève. Ceci
engendrant un cercle vicieux, accélérant l’effondrement du marché du vin suisse.
La réalité est donc tout le contraire de ce que veulent bien nous laisser croire l’Office fédéral de
l’agriculture et nos associations nationales. Le seul but de ces communiqués est de continuer cette
politique d’importations qui sert les distributeurs, les gros négociants, les acteurs de l’agro-industrie,
qui privilégient systématiquement la marge et le profit à la qualité et l’écologie. Pendant ce temps, la
base de la profession disparait petit à petit par manque de soutien, nous en voulons pour preuve les
demandes d’arrachages définitifs de vignes qui explosent auprès de nos institutions cantonales.
Agriculture :
L’Office fédéral de l’agriculture annonce l’octroi de quotas d’importations supplémentaires pour 5000
tonnes de patates entre le 15 mai et le 30 juin 2021. Ceci alors que les producteurs locaux débordent
de stocks suite à la situation engendrée par la crise Covid. En réponse à nos interrogations, l’Office
fédéral de l’agriculture nous informe que c’est pour donner suite à une demande de la branche, sans
préciser de quelle branche il s’agit !
En résumé, ces situations sont intolérables et nous poussent à réfléchir aussi bien à la représentativité
de nos associations qu’à la politique menée par l’Office fédéral de l’agriculture. La crise que nous
sommes en train de vivre montre à quel point l’agriculture de proximité est importante.
L’approvisionnement en nourriture de qualité est essentiel. Nos concitoyens ont également besoin de
verdure et de la campagne pour se ressourcer, nous l’avons constaté particulièrement cette dernière
année. C’est pourquoi nous demandons à nos institutions un cadre de travail viable pour nos
exploitations agricoles. De cesser cette concurrence déloyale à laquelle nous sommes confrontés
actuellement et qui fait disparaitre bon nombre d’exploitants, avec un savoir-faire, une culture de la
qualité et la proximité. Nous demandons du bon sens et de la cohérence pour que les discours sur le
développement durable se traduisent par le respect de nos ressources agricoles. Pour cela, des
mesures contre les importations à bas prix et la régulation des volumes doivent être prises
immédiatement. Une agriculture suisse, durable et de proximité est la seule voie viable à long terme
pour nourrir la population en limitant notre impact sur l’environnement et la planète.
Genève, le 07.05.2021

Lionel Dugerdil                                                     Rudi Berli                                                                          Willy Cretegny
Vigneron-Encaveur-Eleveur                           Maraîcher                                                                          Vigneron-Encaveur
Comité directeur UDC Genève                       Uniterre                                                                              Président, Association Suisse des
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