Affaire Adeline : l’UDC dénonce les libertés prises par le Conseil d’Etat qui risquent de conduire à un nouveau drame.

Il y a six ans, le 13 septembre 2013, Adeline M., jeune sociothérapeute, était retrouvée morte dans un bois de Bellevue. Assassinée par Fabrice A., un détenu de la Pâquerette, qu’elle avait accompagné pour une sortie dans un centre équestre. Les années ont passé, des rapports ont succédé aux rapports ; l’assassin a été condamné. Et aujourd’hui, dénonce la Commission de contrôle de gestion (CCG), on ne peut, malheureusement, pas exclure une «nouvelle affaire Adeline», toutes les mesures nécessaires n’ayant pas été adoptées par le Conseil d’Etat genevois !

«L’UDC Genève, très impliquée dans la sécurité des Genevois, ne peut que s’inquiéter des libertés prises par le Conseil d’Etat dans ce drame ayant conduit à la mort d’Adeline», constate le député Thomas Bläsi.

Ce matin, au cours d’une conférence de presse, les députés membres de cette commission Thomas Bläsi (UDC), Bertrand Buchs (PDC) et Jean-Charles Rielle (PS) ont expliqué que la CCG – forte de 14 membres – avait refusé à l’unanimité le rapport que leur avait transmis le Conseil d’Etat sur le travail rendu par la Commission d’enquête parlementaire chargée d’analyser les circonstances ayant conduit à la mort de la jeune femme.

Plusieurs choses sont pointées du doigt. D’abord, le fait que l’ancien conseiller d’Etat en charge de la sécurité, Pierre Maudet, ait assuré, au lendemain de l’assassinat d’Adeline M., que toutes les mesures avaient été prises afin qu’un tel drame ne se reproduise pas. Une affirmation remise en cause par son successeur au département de la sécurité, Mauro Poggia. Des exemples ? Aucune formation intitulée «prise en charge des personnes détenues avec des troubles psychiatriques» n’a été dispensée aux agents pénitentiaires de Curabilis sous prétexte qu’aucun d’entre eux ne s’était inscrit aux cours, sans doute par manque d’effectifs (12% de taux d’absentéisme à Curabilis). La Commission de contrôle de gestion exige – cela semblait pourtant une évidence – que cette formation soit rendue obligatoire. Elle demande également que les agents de détention interviennent obligatoirement à deux à Curabilis, ce qui n’est toujours pas le cas dans cet «hôpital prison» ou cette «prison-hôpital», c’est selon…

Au cours de ses longues et détaillées investigations, la Commission a découvert qu’il n’existait pas de remontée systématique des informations des agents de terrain quant à la dangerosité d’un détenu. Tout comme il existe un risque de pertes d’informations lorsque des prisonniers sont transférés d’un pays étranger en Suisse.

La CCG déplore par ailleurs l’arrêt de la sociothérapie, un pilier indispensable de la réinsertion selon Thomas Bläsi.  S’il faut à l’évidence changer la façon de la mettre en pratique, un nouveau concept de sociothérapie doit être proposé par le Conseil d’Etat rapidement avec un calendrier de mise en application.

Le rapport du Conseil d’Etat ayant été refusé par l’unanimité de la Commission de contrôle de gestion, il sera traité en urgence lors de la prochaine session du Parlement et repartira au … Conseil d’Etat.

 

Pour plus de renseignements

Céline Amaudruz, présidente de l’UDC Genève, vice-présidente de l’UDC Suisse, conseillère nationale, tél. 079 874 83 97

Thomas Bläsi, député, membre de la Commission de contrôle de gestion, tél. 079 831 68 70