Le Nouvelliste - 22 septembre

Yves Nidegger, Conseiller national, député

Libre circulation des armées en Europe ?

Des aveux complets ! Dans l’Hebdo du 18 septembre, les propos du ci-devant chef de l’armée font tomber un masque de verre. On savait le bateau de la défense suisse à la dérive. On savait son capitaine le nez dans les étoiles, européennes. Boussole et gouvernail jetés par dessus bord. On le supposait orienté vers un cap inavouable : Rendre l’armée suisse OTAN compatible. Et ONU disponible. Jeudi dernier, les aveux de Christoph Keckeis ont levé les derniers doutes : « Pour assurer sa sécurité, la Suisse doit conclure avec ses voisins - comprenez l’OTAN – des accords bilatéraux en matière de défense ».  La libre circulation en Europe appliquée aux chars et aux troupes ! Ceux qui pensaient que l’armée suisse existait précisément pour éviter cela en seront pour leur grade. La vocation de nos soldats désormais : Servir sous le drapeau des Nations unies. Logique : C’est en tuant les conflits partout où ils se trouvent que les militaires suisses assumeront leur mission. Quelle meilleure sécurité pour le pays qu’un monde tout entier pacifié ? Ceux qui croyaient le service étranger aboli en 1815 n’avaient rien compris. La neutralité ? « N’est pas une excuse pour ne rien foutre ! ». Imparable. La défense nationale toucherait au noyau dur de la souveraineté ? Combat d’arrière garde : La Susse sera demain un canton européen. L’indépendance ? Balivernes : La Suisse importe déjà les pièces détachées de ses avions de combat. Reste que l’OTAN n’est pas une alliance de pure défense. Que l’OTAN a des ennemis. Qui seraient les nôtres. Que la neutralité est inscrite dans les traités depuis celui de Vienne en 1815. Qu’en deux siècles elle s’est toujours imposée, en dépit de tous les visages de l’Europe qui se sont succédés.. Que la neutralité reste la seule politique étrangère dont peut rêver un pays de la taille de la Suisse. S’il prétend défendre ses intérêts par un rôle significatif sur la scène diplomatique internationale. Que, oui, des menaces nouvelles sont apparues. Mais les anciennes menaces n’ont pas disparu d’Europe pour autant. Qu’en Ossétie se déroule un conflit parfaitement classique : Aviation, chars et infanterie. Alors, qui voudrait d’une libre circulation des tanks et des troupes en Europe ? Hormis le général en retraite d’un chef de département en préretraite ?