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Cet article a paru dans La Tribune
de Genève, le 3 juin 2008
S’il est un élu UDC qui n’avait pas sa langue
dans sa poche dimanche soir, c’était le Genevois Yves
Nidegger.
Face à la débâcle, il a vertement fustigé la stratégie
de campagne. Notamment son inadéquation avec la
mentalité romande. «Non pas pour critiquer nos collègues
alémaniques, mais pour que nous nous prenions en main.
Nous devons prendre des responsabilités en la matière»,
s’empresse-t-il d’ajouter.
Dans une formation qui a pour habitude de parler d’une
seule voie, tolère-t-on de telles critiques? De la part
d’un «bleu», qui plus est? «Aucun problème, car sur le
fond, il a raison», réplique le vice-président romand
Yvan Perrin. Le Neuchâtelois ajoute que Nidegger «fait
partie des bonnes surprises des élections».
Style posé et avenant
Au parlement, ses compétences sont reconnues.
Son coreligionnaire Luzi Stamm ne tarit pas d’éloges:
«Les dossiers dont il est responsable sont bien traités.
C’est un juriste compétent.» D’autres saluent son
respect de la ligne du parti ainsi que son style posé et
avenant, «car au sein du groupe, il faut maintenant
quitter certaines manières de paysans mal élevés»,
tranche un élu.
Plusieurs parlementaires alémaniques avouent toutefois
ne pas très bien connaître ce natif de Zurich.
Mais a-t-il vraiment envie de devenir un leader romand?
Le conseiller national reconnaît «être prêt à donner des
impulsions, mais pas à effectuer le travail quotidien
qu’implique une appartenance aux organes du parti». Et
de confier avoir déjà beaucoup à faire avec «une étude
d’avocats et cinq enfants».
Mais ses ambitions reprennent l’ascenseur lorsqu’on
évoque la politique cantonale: «Je n’en ai jamais fait
un mystère. Le Conseil d’ Etat m’intéresse. Mais à
condition que l’on parvienne enfin à nouer une solide
alliance.» (rc) |