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Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Chers collègues,
L’introduction d’un 13e
salaire en lieu et place de la prime de fidélité devenue
-il est vrai désuète- ne pose pas de problème
particulier pour l’UDC.
Elle juge que ce serait là un outil
salariale moderne et bienvenu. Tenir compte de
l’évolution de la société qui désire plus de flexibilité
sur le marché du travail en réduisant l’écart entre le
début et la fin de la carrière est une bonne
chose. Proposer 200 métiers en lieu et place des 2500
fonctions existant aujourd’hui au sein de fonction
publique est un énorme progrès qu’il convient de saluer.
Mais…
Mais il faut aussi relever que les
salaires actuels proposés par l’Etat sont tout à fait
acceptables par rapport à ceux proposés par le secteur
privé ou même la Confédération. Là n’est pas la
principale raison pour revoir aujourd’hui les lois
régissant le personnel, excepté les salaires extrêmement
bas des hauts cadres de l’Etat dont il sera question
durant ce débat.
Les accords signés entre le Conseil
d’Etat et les organisations représentatives du personnel
du 13 septembre 2006, acceptant l’introduction d’un 13e
salaire n’empêche nullement le Parlement d’accepter ou
de refuser cette réforme à la fin 2008 en considérant
les impacts d’une telle décision à l’aune d’une
situation économique qui a terriblement changée depuis
2006.
Les mécanismes de transition, 75
millions de francs pour 2009, participeront à
l’augmentation du coût de la vie et creusera un écart
supplémentaire avec la classe moyenne qui souffre à
Genève. La Tribune de Genève titrait hier à la suite du
classement du revenu libre par canton publié par le
Crédit Suisse : « Genève canton riche mais citoyens
pauvres ». « Même si les salaires sont élevés, logements
et impôts pèseront lourdement sur le budget des ménages.
L’on pourrait ajouter également des coûts de santé
modérés et des tarifs d’électricité avantageux.
N’est-ce pas là que se trouve les
priorités pour le Conseil d’Etat, dont les charges même
contenues, ne cessent d’augmenter ?
Tout ce que s’occupe l’Etat coûte la peau
des fesses aux contribuables ! L’introduction d’Harmos
coûtera au minimum 10 millions. Justice 2010 nécessitera
l’engagement de 154 nouveaux collaborateurs pour un coût
de 30 millions. L’introduction du 13e salaire
obligera la dépense de 12 millions pour les caisses de
prévoyance publiques.
L’UDC constate qu’il faudra attendre une
dizaine d’années avant que les effets promis de
« réduction de la croissance des charges de personnel »
ne se fassent sentir. Et encore parlons-nous d’une
augmentation plus faible des charges. D’ici à 2014, nous
voyons principalement une dépense supplémentaire de 388
millions. (page 62 du rapport). Sans oublier les coûts
des mécanismes salariaux imposés à de nombreuses
associations subventionnées dont la capacité financière
n’est pas assurée, d’où la raison de ma motion 1845. Il
y a encore beaucoup à dire sur ce projet, même si la
commission des finances s’est penchée à 8 reprises sur
le bébé prématuré.
L’UDC estime que l’Etat n’a pas à jouer
le rôle de couveuse salariale, que le 13e
salaire doit être une opération blanche en ces temps
incertains, dont la seule certitude que nous ayons est
que la dette va augmenter en partie à cause de ce 13e
salaire.
L’UDC refusera ce projet de loi. |