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Grand Conseil - 2008 |
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Proposition de motion
invitant le Conseil d'Etat à
présenter au Grand Conseil un projet de traversée du lac, des
quais de Cologny au Vengeron, par le biais de ferries. |
Le GRAND CONSEIL de la République et canton
de Genève
considérant:
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Que la traversée de la rade a été
envisagée dès 1896 (projet Albert TRACHSEL), soit seulement
trente-quatre ans après l’inauguration du pont du Mont-Blanc (1862).
Cette traversée préoccupe la population genevoise depuis plus de 112 ans
sans que pour autant celle-ci ne soit encore réalisée.
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Que depuis la fin de la Seconde Guerre
mondiale, chaque décennie comptera plusieurs projets de traversée, dont
aucun n’est réalisé à ce jour.
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Que depuis la fin des années 30, la
population genevoise se plaint des embouteillages aux extrémités du pont
Mont-Blanc. La nécessité d’une traversée n’a depuis lors été que
grandissante.
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Que Genève est une ville lacustre, dont
l’agglomération s’étend sur les deux rives, ce qui nécessite à
l’évidence un nombre suffisant de passages de l’une à l’autre.
-
Qu’il apparaît tout aussi évident que
l’autoroute de contournement ne peut se substituer à une traversée
lacustre.
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Que les Genevois sont partagés sur la
question de l’ouvrage permettant de relier ces deux rives. A tel point
que suite à l’approbation massive quant à la nécessité d’une
traversée, la dissonance quant au mode de ladite traversée
(pont/tunnel) a donné le résultat que l’on connaît.
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Que les projets actuellement en cours
d’étude ne seront probablement au mieux achevés que d’ici 20 à 30 ans.
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Que l’argent dépensé en études, analyses
de faisabilité, rapports en tout genre, aurait probablement permis de
construire depuis longue date une traversée.
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Que la traversée par ferries est, en
terme de faisabilité la plus rapide à pouvoir être mise en place.
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Que la traversée par ferries, ne
nécessitant de fait que peu d’infrastructures, est respectueuse des
finances publiques. Il n’y a ni longues études, ni complications
majeures.
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Que la traversé par ferries est déjà
utilisée avec succès sur la plupart de nos lacs (pour exemple : Zürich,
Constance, Quatres-Cantons).
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Que le mode de traversée par ferries est
par ailleurs très largement utilisé dans le monde, y compris dans des
zones très urbanisées et sur des plans d’eau à forte densité de
navigation, tel que par exemple, les lignes de ferries reliant Manhattan
(NYC) au New Jersey.
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Qu’au surplus ce mode de traversée, selon
le type de propulsion choisi, peut s’avérer avoir un bilan écologique
positif.
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Que par ailleurs, la flexibilité de ce
mode de traversée permet d’en déplacer les point de départ et d’arrivée
relativement facilement, permettant ainsi une adaptation aux besoins
futurs.
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Que la traversée Cologny/Vengeron est
celle qui paraît, en l’état actuel du trafic et du réseau routier, la
plus adéquate.
invite le Conseil d'Etat
-
à présenter dans les meilleurs délais à
notre Grand Conseil, un projet de traversée du lac, reliant les quais de
Cologny au Vengeron, par le biais de ferries.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames et
Messieurs les députés,
La traversée du lac est un long serpent de
mer qui se mord la queue depuis bien trop longtemps. Il convient d’y mettre
tous ensemble rapidement un terme, en se montrant pragmatique et efficace,
respectant ainsi enfin la volonté clairement exprimée de longue date par les
genevois.
Rapidité,
faisabilité et moindres coûts doivent nous guider dans le
choix du type de traversée à réaliser.
Rapidité : la traversée par ferries est, en l’état, la seule qui puisse
être réalisée rapidement, ne nécessitant ni vastes études ni de grandes
analyses.
Faisabilité : la traversée par ferries nécessite d’implanter sur
chaque rive, à la hauteur d’une part de la rampe de Cologny et d’autre part
au Vengeron, un quai de chargement relié au réseau urbain. Ces ouvrages sont
aisément réalisables. L’achat des ferries quant à lui, ne devrait pas
soulever plus de problèmes.
Moindres coûts : les infrastructures nécessaires à ce projet consistent
en l’implantation d’un quai de chargement/déchargement sur chaque rive,
rattaché au réseau routier existant, et en l’achat des ferries jugés
nécessaires.
Ce mode de franchissement a par ailleurs déjà largement fait ses preuves en
Suisse.
S’agissant par exemple du canton de Zürich,
les ferries y ont transportés en 2006 entre Horgen et Meilen pas moins 2.3
millions de passagers, 1.2 millions de voitures et 90'000 camions.
La traversée du lac de Constance entre Romanshorn (CH) et Friedrichshafen
(D) en est un autre exemple. Ce sont ainsi pas moins de 500'000 personnes,
65'000 voitures et 10'000 camions qui effectuent cette traversée
annuellement.
Au surplus, et à l’instar de la traversée de
la manche, la traversée par ferries ne s’oppose en rien au projet d’une
future traversée en dur (pont/tunnel). En outre, la flexibilité d’une
traversée par ferries permet d’en modifier l’itinéraire et les points
d’encrages en tout temps et à moindres coûts.
Compte tenu de ces explications, nous vous
invitons, Mesdames et Messieurs les Députés, à renvoyer cette motion au
Conseil d’Etat afin qu’il nous présente dans les meilleurs délais, un projet
de traversée du lac, reliant les quais de Cologny au Vengeron, par le biais
de ferries.
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