Le brave Fabiano Forte, à peine élu président des démocrates chrétiens, montre non pas ses propres limites, mais celles de son parti en matière d'idées.
Il a visiblement plagié un discours politique de Nicolas Sarkozy, en s'abstenant de citer la source dont il s'inspirait.
Et tout le monde prend des airs étonnés. Il n'y a pourtant pas lieu de l'être.
Un parti du centre ne peut que piller la pensée politique des autres partis : sans coloration, sans originalité, toujours à suivre le vent, un démocrate chrétien est condamné à faire les poches de ses adversaires pour pouvoir arborer la moindre idée. Ceux dont l'attitude fondamentale ne consiste qu'à suivre ne peuvent procéder autrement, ce serait contre leur nature.
Christophe Darbellay en montre déjà l'exemple à tous, en prônant plus de rigueur dans l'expulsion des criminels étrangers, ce qui constitue une conception de la sécurité obtenue après effraction des idées de l'UDC. Bien entendu, le Président du PDC suisse s'est également abstenu de citer ses sources. On est jamais mieux servi par les autres que lorsqu'on ne les évoque pas...
Le président du PDC genevois, Fabiano Forte, ne copie donc pas seulement Nicolas Sarkozy : il imite aussi l'attitude de son président national, qui, en matière politique, a la morale du cambrioleur et le pouvoir créatif du faux-monnayeur.
Fabiano Forte en est donc réduit à reproduire au mot près la phraséologie d'un adversaire politique, lui qui avait publiquement soutenu François Bayrou contre Nicolas Sarkozy lors du premier tour de l'élection présidentielle française ! Le signal a d'autant plus de force qu'il est émis dans son discours inaugural de président, censé refléter ce que sera son attitude au cours de son mandat.
Quand on n'a pas d'idées, répétons-le, on est contraint de commettre quelque effraction pour subtiliser celle des autres. Ce n'est pas une question de personnes, mais de parti. Un parti de suiveurs sans idées originales ne peut que fonctionner sur le mode de la rapine.
Le PDC et ses dirigeants sont voués à ce destin de maroufles. Incapables de produire la moindre idée originale, ils sont condamnés à grapiller sur celles des autres, sans surtout citer leurs sources, ce qui ajoute au travers du plagiat celui de l'inélégance.
Et la personne de Fabiano Forte n'y est certainement pour rien : à force de fréquenter un parti en panne d'idées, leur maraudage en devient inconscient ; le plagiat devient un acte naturel ; la cleptomanie devient le mode ordinaire de pensée dans une vision globale de la société consistant de toute manière à suivre le vent des autres plutôt qu'à créer son propre courant.