Communiqué de presse 2007 - suite

31 décembre 2007 - les voeux d'Ueli Maurer, président de l'UDC

UDC : Des solutions meilleures pour la Suisse

par Ueli Maurer, conseiller national, président UDC Suisse,
Wernetshausen (ZH)

Rarement en politique suisse les événements se sont autant précipités que durant la période d'octobre à décembre 2007. D'abord, l'Union démocratique du centre a remporté le 21 octobre une brillante victoire, la troisième consécutive aux élections fédérales. Créditée d'environ 29% des suffrages, l'UDC a réalisé un résultat qu'aucun autre parti politique n'a obtenu avant elle depuis l'introduction du système proportionnel en 1919. L'UDC est devenue de loin la première force politique de la Confédération. Elle est désormais aussi forte que le PRD et le PDC réunis. Cette victoire électorale a préoccupé les autres partis et même plongé dans une crise profonde les socialistes.

Les élections au Conseil fédéral ont bouleversé la politique suisse
Ensuite, les élections au Conseil fédéral du 12 décembre 2007 ont modifié de manière drastique la situation politique en Suisse: l'éviction du conseiller fédéral Christoph Blocher a sonné le glas de la concordance helvétique. Durant 50 ans environ, le gouvernement suisse était composé selon ladite "formule magique": les quatre principaux partis politiques étaient représentés au Conseil fédéral au pro rata de leur part électorale. Ce système a assuré à la Suisse une grande stabilité puisqu'il permettait à 85% de la population de se sentir représentés au Conseil fédéral.

Mais ce 12 décembre une coalition faite des socialistes, des Verts, de représentants du PDC ainsi que de quelques radicaux de gauche a obtenu que la conseillère d'Etat grisonne Eveline Widmer-Schlumpf soit élue au gouvernement en lieu et place du conseiller fédéral Christoph Blocher. Premier parti politique du pays, l'UDC n'est ainsi plus représentée au Conseil fédéral; elle a été poussée dans l'opposition. Comme larrons en foire, les auteurs de ce coup ont laissé éclater bruyamment leur joie. Les perdants des élections fédérales 2007 avaient atteint leur objectif.

La sournoiserie du PDC
Le PDC, allié au camp rouge-vert, a joué un rôle particulièrement sournois et même malhonnête dans cette affaire. Du coup, les démocrates-chrétiens ont définitivement quitté le camp bourgeois pour devenir des supports complaisants de la politique de gauche. Ce ralliement du PDC au Parti socialiste et aux Verts signifie aussi l'adhésion de ce parti à une politique qui détruit la liberté, la prospérité et la sécurité dans ce pays.

La joie bruyante manifestée notamment par la direction du PDC révèle à quel point la mise en scène et le tapage médiatique sont plus importants pour ces politiciens qu'une politique fiable menée de concert avec des partenaires bourgeois. Quelle triste manière de se détourner des valeurs suisses!

La gauche veut le retour aux sinistres années nonante
La nouvelle majorité gouvernementale composée de la gauche, des Verts et du centre a atteint son unique objectif commun, à savoir l'éviction du conseiller fédéral Christoph Blocher. En revanche, elle n'a aucune conception commune de la future politique gouvernementale. La gauche rêve d'un retour aux années nonante qui étaient marquées par une hausse constante des impôts et redevances, par l'augmentation de la dette publique, par des déficits massifs, par une redistribution irresponsable de la richesse du pays, par une immigration incontrôlée en provenance des quatre coins du monde, par une justice complaisante à l'égard des criminels, etc. L'activisme en politique étrangère durant cette période a failli conduire à l'abandon de l'identité suisse. Bref, la politique des années nonante est un triste chapitre de l'histoire suisse.

Cette politique a été constamment soutenue par le PDC et une partie importante du PRD. Or, à peine le coup porté contre Christoph Blocher avait-il réussi que l'homme qui est encore président du PDC tentait une nouvelle volte-face en reprenant publiquement à son compte quelques idées du programme UDC. Cette attitude prouve certes que la politique d'opposition de l'UDC commence déjà à déployer certains effets, mais elle témoigne surtout d'une superficialité effrayante de ceux qui l'adoptent. L'UDC a depuis toujours combattu les caméléons politiques! Comment accorder le moindre crédit à un politicien qui conclut d'abord un pacte avec les socialistes pour bavarder quelques jours plus tard de "baisses fiscales massives"?

L'UDC refuse de retomber dans la politique complaisante et négligente des années nonante. Ce n'est pas sérieux et c'est politiquement irresponsable de dissimuler des réalités gênantes par des déclarations prétentieuses et faussement optimistes. L'UDC cherche au contraire à mener une politique efficace et claire pour débattre des problèmes centraux de notre pays et pour leur trouver des solutions.

Une politique d'opposition pour des solutions durables
Terme à la mode, la "durabilité" est aujourd'hui servie à toutes les sauces. L'UDC entend par là une politique qui, à l'écart de toute hystérie politique et médiatique, vise les racines des problèmes, qui combat les causes du mal et non les symptômes. Malheureusement, cela n'est plus possible en collaboration avec le Conseil fédéral. Le gouvernement compte certes deux membres qui portent l'étiquette UDC, mais les deux s'écartent, dans des questions centrales, des aspirations des électrices et électeurs de notre parti.

Qu'il s'agisse de la question des naturalisations démocratiques, de l'initiative pour le renvoi des étrangers criminels, de l'initiative pour la baisse des primes, de la suppression de l'article contre le racisme, de la suppression des engagements militaires à l'étranger ou encore du refus clair et net de l'activisme politique face à l'UE – l'UDC ne doit pas s'attendre au moindre soutien de la part du Conseil fédéral dans ces dossiers. Des projets centraux de l'UDC – donc, par exemple, ses propres initiatives populaires – seront sans doute combattus par les conseillers fédéraux Schmid et Widmer.

Mener une politique honnête au lieu de viser postes et prébendes
L'UDC était placée devant l'alternative suivante: trahir ses électeurs pour occuper des postes ou tenir honnêtement les engagements pris durant la campagne électorale. Nous avons choisi le camp de l'honnêteté, donc celui de nos électrices et électeurs. Nous avons promis de baisser les impôts et de combattre toute hausse des impôts, taxes et redevances. Nous voulons davantage de sécurité pour les plus faibles; nous exigeons que les étrangers criminels soient renvoyés. Nous voulons renforcer les valeurs suisses et nous nous engageons contre des naturalisations en masse. Nous voulons consolider à long terme les œuvres sociales comme l'AI et l'AVS pour celles et ceux qui en ont réellement besoin; donc, nous refusons de continuer de distribuer de l'argent qui n'existe pas. Nous nous préoccupons d'un approvisionnement énergétique propre, sûr et avantageux parce que les fantasmagories écologistes ne produisent pas d'électricité. Nous mesurons les membres du gouvernement à l'aune de Christoph Blocher qui a baissé les dépenses de son département de 16% sans pourtant réduire les prestations. Bref, l'UDC respecte ses promesses électorales et mène une politique d'opposition qui fait avancer le pays.

Une politique d'opposition précise et forte: des solutions meilleures pour la Suisse
En faisant efficacement pression sur le Parlement, nous réussirons à atteindre bon nombre d'objectifs à ce niveau déjà. Christophe Darbellay qui s'est écroulé après dix jours déjà au point de reprendre le programme politique de l'UDC sera sans doute rejoint par bien d'autres opportunistes de son genre. Quant aux socialistes, ils ont compris à la lumière de leurs défaites électorales à Zurich en avril et sur le plan suisse en octobre qu'ils menaient une politique complètement à l'écart des préoccupations du peuple. Eux aussi reviendront à des thèmes UDC comme la violence des jeunes, l'amélioration de la sécurité publique ou encore les abus dans les assurances sociales et le droit d'asile. Et les radicaux devront forcément s'inspirer de la politique économique et financière de l'UDC s'ils veulent revenir sur la voie du succès.

L'opposition politique est beaucoup plus forte en Suisse qu'à l'étranger: avec l'aide du peuple – donc moyennant des initiatives et des référendums – l'UDC peut mettre sous pression la coalition du centre-gauche. C'est une lourde tâche, mais qui fera grandir encore l'UDC. Les nouvelles adhésions enregistrées depuis trois semaines – le cap des 10 000 sera bientôt franchi – sont un signe encourageant. L'objectif déclaré de l'UDC est de poursuivre sa croissance jusqu'aux élections de 2011. La coalition du PDC, des socialistes et des Verts regretteront bientôt amèrement la fausse stratégie adoptée le 12 décembre 2007.