Grand Conseil 2008

Traversée de la Rade


Mesdames et Messieurs les députés,

Nous revoilà avec notre serpent du lac :la nouvelle traversée.

Nous en avons déjà tellement parlé ! Je vous rappelle la pétition 1540 et la résolution 498, avec 20'000 signatures demandant une étude rapide d’une traversée, acceptées par le Grand Conseil en juin 2006, puis la résolution 513 et la résolution 529, et la réponse du Conseil d'Etat après une année de réflexion, bien nécessaire pour nous déclarer y songer…  à l’horizon 2040 ! D’où ce projet de loi 10015 qui nous occupe aujourd’hui Comme un petit pressentiment que le Conseil d'Etat se moque de nous, non ? Ce n’est pas de la planification à long terme, plutôt un aveuglement récurrent, une propension à nier les réalités L’histoire ne nous apprend donc rien ?

Dans les années 70, on parlait de la Genève de l’an 2000, 700'000 habitants, les autorités en place n’en voulaient pas, on a tout fait pour décourager la construction, l’initiative privée et un développement de la cité en multipliant les exigences. Mais la réalité est plus têtue et il faut le faire, que les responsables de l’époque, l’activité s’est développée et la ville a quand même en fin de compte 700'000 habitants, mais non pas dans un développement harmonieux où les gens sont proches de leur travail mais dans un rayon de 50 km ! Déplacements inutiles, trafic dément, pollution, perte de revenus fiscaux, voilà les maux et problèmes dont nous nous plaignons, alors que nous en sommes pour la plus grande partie largement responsables !

Puis c’est le cercle vicieux, comme il y a évidemment trop de trafic, on cherche à le diminuer en multipliant les chicanes pour les automobilistes, on fait fi de la volonté de ce parlement qui a une vision de complémentarité des transports publics et privés.

Les voitures existeront dans 20 ou 30 ans, non polluantes certainement : en 2009 arrivent sur le marché les premiers véhicules diesel à pollution quasi zéro, par double catalyse ou neutralisation des gaz par l’urée, une voiture fonctionnant à l’air comprimé est appelée à un grand succès. On ne tuera pas la voiture, c’est impossible !

La vision des quais le matin et le soir montre la nécessité absolue d’un nouvelle traversée, ces milliers d’heures de perdues, de kilomètres inutiles sont un scandale, nous sommes en train de perdre une partie de ce qui fait l’attractivité de notre canton : des transports rapides et efficaces, nous vivons sur notre capital.  La concurrence intervilles pour obtenir des organisations internationales est féroce et le réveil genevois risque d’être tardif et douloureux.

Une grande traversée depuis le Vengeron épaule et complète  la création indispensable d’une troisième voie autoroutière entre Genève et Lausanne. L’étude demandée par le projet de loi est urgente, ne recommençons pas avec le manque d’anticipation déjà montrer pour la construction de logements !Le groupe UDC

Soutient ce projet de loi et vous demande de faire de même.

J’en terminerai en évoquant le calvaire des habitants de la ville, qu’on oublie un peu trop et qui subissent plus que d’autres toutes ces nuisances du trafic. Une nouvelle traversée leur apportera un peu de répit. Et puis, quand on a une gare ferroviaire au centre de la ville, on a tout avantage à pouvoir l’atteindre rapidement sans entrave, cela permettra sans doute plus facilement à certains magistrats, prompts à donner des leçons, de prendre le train plutôt qu’une voiture de service pour se rendre à Berne…