|
(UDC Suisse,
le 2 février 2012)
Au
printemps 2009, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf,
alors ministre de la justice, avait décidé de réorganiser
complètement l'Office fédéral de la migration. Aujourd'hui, sa
collègue Simonetta Sommaruga a présenté le
rapport d'évaluation externe de
cette réforme. La conclusion ne laisse planer aucun doute: le
projet était trop complexe et excessivement ambitieux.
L'objectif, à savoir l'engagement efficace des ressources
disponibles afin de mieux relever les défis actuels et futurs
dans le domaine de la migration, a été complètement raté. Le
rapport indique que les
processus de travail de l'Office fédéral de la migration se sont
détériorés, que la peur et la frustration règnent et que de
nombreux collaborateurs ont déjà mentalement démissionné. Quant
aux cantons, ils critiquent la détérioration des procédures, des
incertitudes au niveau des compétences et un soutien insuffisant
au niveau de l'exécution.
Le conseiller national Heinz Brand, jusqu'à fin août 2011
président de l'association des polices cantonales des étrangers,
a déclaré ce qui suit à ce propos: "Cette réorganisation
ratée est la cause essentielle de l'incapacité des autorités de
résoudre les problèmes actuels du domaine de l'asile. Cette
réorganisation a été lancée pour des raisons égoïstes, comme une
action solitaire et sans entente préalable avec les cantons."
L'UDC a déjà relevé ces problèmes lorsque cette réorganisation
avait été annoncée avec fracas. Elle avait exigé au printemps
2009 que l'on cesse de minimiser les dysfonctionnements qui
affectent l'exécution des mesures et qu'on s'attaque enfin à ces
problèmes. En lieu et place, l'équipe de direction de l'Office
fédéral de la migration a été remplacée. La perte de
savoir-faire consécutive aux licenciements et à la démission
mentale des collaborateurs était immense. On a consacré beaucoup
trop de temps à cette restructuration imposée d'en haut et qui
n'a réellement eu lieu que sur le papier pendant que les
problèmes du secteur de l'asile n'ont cessé de s'aggraver. Les
bandes criminelles de passeurs ont immédiatement profité des
lacunes législatives et exécutives, si bien que le nombre de
demandes d'asile a plus que doublé depuis la période de fonction
du conseiller fédéral Christoph Blocher pour finalement
atteindre 22 000 fin 2011. Au seul niveau fédéral, le coût de
l'asile a passé de 641 millions de francs en 2007 à 870 millions
dans le budget 2012, ce qui représente une hausse de 30%. Le
programme d'allègement budgétaire de la Confédération pourrait
précisément être renforcé dans ce domaine.
L'UDC exige que l'on passe enfin des paroles aux actes. Le
peuple suisse en a assez des vaines promesses. Profitant de la
révision en cours de la loi sur l'asile, l'UDC tiendra
conférence de presse encore avant la prochaine séance de la
Commission de politique sociale du Conseil national des 23/24
février prochains pour présenter ses solutions aux problèmes de
l'asile. Il appartient maintenant au parlement d'agir avec
détermination.
|