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(UDC Suisse,
le 31 janvier 2012)
Ledit litige
fiscal qui oppose les Etats-Unis à la Suisse - en fait, il
serait plus exact de parler de guerre économique - prend des
allures de plus en plus menaçantes. Dans l'affaire UBS, la
Suisse a cédé au chantage et recouru au droit d'urgence pour
fournir aux Etats-Unis des données sur des clients bancaires.
Depuis, le Conseil fédéral a fait comprendre par son attitude
passive et lâche qu'il était prêt à céder dans d'autres affaires
du même genre et même à briser le droit suisse. Ces signaux sont
désastreux - surtout face à des pays comme les Etats-Unis
d'Amérique où le pouvoir et une prétendue morale, qui sert avant
tout de paravent aux politiques, ont souvent le pas sur l'Etat
de droit.
Le secret protégeant les clients des banques suisses a été
affaibli à plusieurs reprises dans le passé alors que le Conseil
fédéral manifestait un mépris inquiétant pour les règles de
l'Etat de droit. Après l'UBS, les Etats-Unis ont placé d'autres
banques dans leur collimateur. Ils ont rechargé leurs canons et
finalement décidé de tenter de couler la banque Wegelin.
Il serait grand temps que les négociateurs du Conseil fédéral
rappellent avec force à leurs interlocuteurs les principes de
l'Etat de droit. Un petit Etat comme la Suisse n'a que le droit
pour se protéger et il doit en exiger le respect avec
détermination, aussi face aux Etats-Unis. Il faut résister au
chantage. Si les informations diffusées ce matin sont exactes,
le Conseil fédéral a une fois de plus transmis des données
bancaires, cette fois-ci une correspondance courriel d'un
collaborateur du Credit Suisse. Il a cédé une fois de plus sans
obtenir la moindre contrepartie. Dans ce différend avec les
Etats-Unis, la Suisse doit se comporter comme si elle était
engagée dans une guerre économique. Elle doit recourir à tous
ses moyens, sachant bien que son adversaire en fait autant.
L'objectif est clair: nous devons amener les Américains à
travailler de manière constructive à une solution, aussi au sein
de leur propre gouvernement, afin d'arriver à un accord global
qui ait plus de valeur que le papier sur lequel il est écrit.
Le Conseil fédéral doit enfin parler clair et dénoncer
ouvertement l'hypocrisie des Etats-Unis qui prétendent
poursuivre des délits fiscaux, mais qui ne le font qu'en Suisse
alors qu'ils ne touchent pas à d'autres places financières, ou
alors en prenant mille précautions. Et l'attitude des Américains
dans leur propre pays est pour le moins curieuse: d'une côté,
n'importe qui peut faire enregistrer de manière anonyme une
société dans l'Etat du Delaware et, de l'autre côté, les fonds
considérables déposés à Miami ou à New York, pour l'essentiel de
l'argent provenant d'Amérique du Sud, ne font l'objet d'aucune
surveillance. C'est pour cette raison que des fonds importants
refluent aux Etats-Unis, leurs propriétaires pensant à juste
titre qu'ils passeront inaperçus sur la place financière
américaine. Voilà sans doute le véritable objectif des
Etats-Unis. Cela n'a que peu de rapport avec la moralité et avec
la délinquance fiscale, mais cela sert bien plus à renforcer la
place financière et bancaire du pays.
Il s'agit donc de négocier durement, de consolider des solutions
et des positions en s'inspirant, par exemple, de l'idée lancée
par le professeur Janssen d'un "bouclier de protection" pour les
banques accusées afin de sauvegarder leur "capacité d'agir
opérationnelle". Le Conseil fédéral, la Banque nationale, la
surveillance des marchés financiers et toutes les autres
autorités helvétiques concernées doivent défendre la place
financière suisse en faisant bien comprendre aux Etats-Unis
qu'ils sont prêts à protéger sans compromis les banques suisses.
Silvia Bär, secrétaire générale adjointe de l'UDC Suisse
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