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(UDC Suisse,
le 10 janvier 2012)
Philipp
Hildebrand, président de la Banque nationale suisse (BNS), a
démissionné hier. Cette décision était juste et inévitable. Le
principal gardien de la monnaie nationale n'a le droit ni de
conclure des affaires privées de devises, ni de négocier des
titres d'entreprises de son pays. Pareilles activités risquent
en effet influencer les décisions monétaires de ces hauts
responsables dont les choix peuvent influencer les cours de
change, les taux d'intérêt et les cours des actions. Voilà le
fond de l'affaire Hildebrand qu'on ne saurait tout simplement
classer aujourd'hui. Car les autorités de surveillance de la BNS
ont-elles aussi échoué. Une banque d'émission crédible a besoin
d'une surveillance forte. Il est donc indispensable qu'une
Commission d'enquête parlementaire (CEP) analyse en détail toute
cette affaire et que les Chambres fédérales se réunissent en
séance extraordinaire pour examiner les interventions
parlementaires concernant la BNS.
L'affaire Hildebrand est regrettable. On assiste régulièrement à
des défaillances personnelles à des postes à haute
responsabilité, en Suisse comme dans d'autres pays. Les affaires
von Guttenberg et Wulff sont très présents dans les esprits.
Mais des cas de ce type s'aggravent quand des instances
hiérarchiques supérieures ou des autorités de surveillance
tentent de minimiser le problème ou de retenir des faits par une
information sélective du public. Tel a malheureusement été le
cas dans l'affaire Hildebrand. La Banque nationale elle-même a
informé le 23 décembre en ne dévoilant que certaines parties de
l'affaire, voire en arrangeant la réalité des faits d'une
manière extrêmement discutable. Des informations supplémentaires
ont été diffusées le 1er janvier de sources manifestement
proches de la BNS via la presse dominicale pour mettre en place
de nouvelles lignes de défense. On n'a même pas hésité à évoquer
le "spectre de l'UDC" pour tenter de transformer l'affaire
Hildebrand en une affaire Blocher/UDC/secret bancaire. Lorsque
Christoph Blocher et l'UDC étaient la première fois intervenus
en public jeudi dernier après la conférence de presse de Philipp
Hildebrand, la campagne de relations publiques pilotée par la
BNS s'était déjà effondrée. Les faits confirmés par la BNS
elle-même pesaient trop lourds et les tentatives d'explication
étaient trop contradictoires. Cela n'a pas empêché le Conseil de
la banque et le Conseil fédéral de soutenir comme par réflexe le
président de la BNS alors que ces autorités devaient être
conscientes depuis longtemps de la gravité de cette affaire et
des responsabilités qu'elles y assument.
Retour à l'essentiel
"La Banque nationale suisse conduit en tant que banque centrale
indépendante la politique monétaire du pays. Conformément à la
Constitution et à la loi, elle doit viser l'intérêt général du
pays en cherchant en priorité à garantir la stabilité des prix
tout en tenant compte du développement conjoncturel. Elle fixe
ainsi les conditions-cadres fondamentales pour le développement
de l'économie"(trad.). Voilà le mandat de la Banque nationale.
La conduite de la politique monétaire passe par la fixation du
taux d'intérêt LIBOR pour les placements en francs. Par ses
interventions, la Banque nationale influence donc directement et
indirectement les taux d'intérêt et cours de change ainsi que
l'évolution de la conjoncture. Un membre du directoire de la
Banque nationale, qui est censé prendre des décisions de fond,
doit être totalement libre de tout conflit d'intérêts. S'il
détient à titre privé des sommes importantes en devises
étrangères ou des actions d'entreprises sises en Suisse ou s'il
négocie ces valeurs, ses décisions professionnelles en seront
forcément influencées. On ne peut en aucun cas accepter cela. En
fait, ce constat est tellement évident qu'il ne devrait même pas
être nécessaire de le fonder sur des lois ou des règlements.
Que faut-il faire?
Ce qui compte avant tout aujourd'hui, c'est de renforcer la
confiance dans la Banque nationale. Pour cela, il faut
rapidement analyser cette affaire et en tirer les conclusions
qui s'imposent. L'intégrité des membres du directoire de la
Banque nationale ou du Conseil de banque de la BNS ne doit pas
susciter le moindre doute. Il s'agit aussi de tirer les
conclusions des défaillances des autorités de surveillance, soit
du Conseil de banque et du Conseil fédéral. La surveillance doit
être renforcée. Si nécessaire, il faudra adapter les règlements
et vérifier l'opportunité d'une réforme légale. Il faut éviter
qu'un tel cas puisse se reproduire. Les instruments les plus
indiquées pour analyser rapidement ce cas sont une CEP et une
session parlementaire extraordinaire où pourront être examinées
les interventions parlementaires concernant la BNS. Durant les
mois écoulés, l'UDC a réfléchi intensément au renforcement de la
BNS et elle a déposé plusieurs interventions parlementaires
concernant le champ d'activité de la BNS, la surveillance de la
Banque nationale, son engagement international et la fixation
d'une limite à l'endettement de la BNS.
Et le secret bancaire?
Une éventuelle violation du secret bancaire dans le cadre de
l'affaire Hildebrand a été évoquée à plusieurs reprises ces
derniers jours. Si effectivement le secret bancaire a été violé,
il va de soi qu'une action judiciaire doit être ouverte et que
les coupables doivent être punis. Mais le fait que le Conseil
fédéral déclare bruyamment qu'une "enquête sans pitié" devra
avoir lieu ne manque pas d'un certain ridicule. En effet, c'est
le Conseil fédéral qui a systématiquement miné le secret
bancaire ces dernières années, par exemple en remettant aux
Etats-Unis des données de clients de banques suisses. L'UDC
continuera de défendre avec véhémence le secret protégeant les
clients des banques.
La Suisse a besoin d'une BNS forte
L'UDC est convaincue qu'une Banque nationale forte constitue une
base importante pour une Suisse souveraine et économiquement
performante. Elle a donc toujours lancé dans le débat politique
des propositions visant à renforcer la BNS et elle continuera de
le faire durant les semaines et mois à venir. Mais elle
n'hésitera pas non plus à dénoncer des disfonctionnements et des
problèmes. La surveillance insuffisante de la BNS en fait
partie. Seule une politique courageuse renforce nos
institutions. Si les leaders des autres partis politiques
accusent aujourd'hui l'UDC de vouloir déstabiliser les
institutions, c'est uniquement parce qu'ils ont été eux-mêmes
incapables de contribuer à la stabilisation et parce que leur
comportement a trop longtemps couvert des disfonctionnements.
Plus de renseignement: Martin Baltisser, secrétaire général UDC
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